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Par beatricepagegie.saintemarie • Publié le 11/01/2017
"SEL ET LUMIERE"

de Jean-Marie Petitclerc

"VOUS ETES LE SEL DE LA TERRE. Vous êtes la lumière du monde". Tel est le discours que tient Jésus à ses disciples. Mais ces deux affirmations peuvent paraître contradictoires. Car rien n’est plus enfoui que le sel et rien n’est plus exposé que la lumière. Alors, comment être là la fois sel et lumière ?

Ce que le sel et la lumière ont en commun, c’est de révéler l’autre. Le sel n’est pas fait pour donner son propre goût à l’aliment, mais pour relever celui des ingrédients qui le composent. De même, la lumière permet de nous différencier. Dans une pièce obscure, toutes les personnes sont "noires". Mais lorsque la lumière arrive, voici que l’un apparaît en vert et l’autre en rouge. La lumière est ce qui permet de faire ressortir les caractéristiques de chacun. Etre disciple du Christ, c’est d’abord apprendre à révéler les qualités de l’autre.

En cette période de rentrée, où bon nombre de chrétiens vont réinvestir leur tâche éducative. il fait bon rappeler qu’il s’agit d’être "sel" et "lumière" auprès des jeunes. Etre lumière, pour l’éducateur, ce n’est pas attirer les jeunes à soi. On serait alors plus dans le registre de la séduction que dans celui de l’éducation. Si l’on érige un phare sur une côte, ce n’est pas pour que les bateaux se précipitent vers lui. Ils risqueraient le naufrage. Non, le phare est là pour que, en se repérant grâce à lui, chaque navire puisse tracer sa propre route.

Telle est sans doute la meilleure définition de l’éducateur chrétien : être lumière pour révéler les talents de chaque jeune confié, être sel pour les cultiver. C’est de ce profil d’éducateur que les jeunes ont le plus grand besoin. Trente années d’accompagnement de jeunes aux comportements marqués par la violence m’ont fait découvrir que l’on pouvait toujours effectuer une corrélation entre le niveau de violence d’un jeune et sa mauvaise image de lui-même. Lorsqu’on arrive à penser qu’on est obligé d’écraser l’autre pour se prouver que l’on existe. c’est toujours qu’on est un peu en difficulté pour se faire reconnaître par ses propres talents et compétences. N’oublions pas que la grande majorité des faits de violence commis à l’école est le fait d’élèves qui ne réussissent pas à l’école ! La meilleure prévention de la violence passe par la reconnaissance des talents de chacun.

Puissions-nous, parents, éducateurs, enseignants, nous rappeler, au début de cette nouvelle année scolaire, que notre mission consiste à être "sel" et "lumière" auprès des enfants et des adolescents que nous accompagnons.

Béatrice PAGEGIE

Chef d’établissement


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